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Crash au large des Comores

30/06/2009 | 16:06 par AFP

L'airbus A 310 s'écrase avant sa destination

- C'est un Airbus A 310 de la compagnie yémenite Yemen Airways qui s'est écrasé au large des Comores - Yemen Airways -

C'est un Airbus A 310 de la compagnie yémenite Yemen Airways qui s'est écrasé au large des Comores

© Yemen Airways

Des Comoriens de Marseille à bord de l'Airbus

Un A310, avec 153 personnes à bord, s'abîme en mer près des Comores

 Un Airbus A310 de Yemenia s'est abîmé mardi en mer près des Comores avec 153 personnes à bord, dont des Français et des Comoriens. 

"La plupart des passagers sont des ressortissants de France et des Comores", a
ajouté un responsable, indiquant que des vedettes avaient été dépêchées sur place
à la recherche d'éventuels survivants.

 Le responsable n'a pas précisé les causes de l'accident.
 Un A330-200 de Yemenia avait décollé lundi de l'aéroport parisien de Roissy, pour
faire escale à Marseille (sud), puis à Sanaa au Yémen où
les passagers ont changé d'appareil pour embarquer à bord d'un A310, a ajouté la
même source.
 L'A310 a décollé pour Djibouti, puis Moroni, aux Comores, où il devait arriver
à 23H00 GMT lundi. L'avion a disparu des écrans radar, selon cette source.

 
Une escale à Marseille
Accident de l'A310: 61 passagers pour Moroni étaient partis de Marseille

 L'Airbus A310 de la compagnie Yemenia qui s'est abîmé en mer au large des Comores
avait à son bord 61 passagers à destination de Moroni partis de Marseille,
essentiellement des familles comoriennes retournant au pays, a-t-on appris de source
policière.
 Au total, 78 personnes avaient pris place lors de l'escale à l'aéroport de Marignane
(Bouches-du-Rhône) dans un A330-200 de la compagnie Yemenia,
parti de Paris-Roissy lundi matin, et à destination de Sanaa, au Yémen, principalement
pour des vacances.
 Soixante-et-une d'entre elles devaient poursuivre le voyage jusqu'aux Comores
et ont dû prendre place dans l'A310 parti de la capitale yéménite pour Moroni,
où il devait se poser mardi à 01H00 (heure de Paris), selon la même source.
 Un porte-parole de l'aéroport de Marignane, qui n'a pas
confirmé le chiffre de 61 personnes, a souligné que la plupart des passagers partaient
en vacances.
 Dès les premières heures de la matinée mardi, une cellule psychologique a été
mise en place dans le salon panoramique de l'aéroport Marseille-Provence
pour accueillir les familles des passagers de l'avion disparu, a-t-on précisé de
même source.
 Quelques familles étaient arrivées en nombre réduit à l'aéroport vers 09H00, les
journalistes étant tenus à l'écart. Le directeur de l'aéroport devait tenir une
conférence de presse au cours de la matinée.
 "Je suis consterné par ce qui vient de se passer. La prudence est de mise mais
il est probable, hélas, que nous devons être touchés", a déclaré pour sa part le
maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, sur la radio France
Bleu Provence.
 On estime la communauté comorienne de Marseille à environ
80.000 personnes.

 
Opérations de recherche
L'aviation civile yéménite a annoncé dans la matinée que des corps avaient été repérés.

 "Des vedettes et des navires des Comores et de Madagascar participent aux recherches"
sur le lieu du drame, a déclaré à l'AFP un responsable yéménite, selon lequel l'accident
"a eu lieu à 3 km des côtes".
 "Des bâtiments de la force internationale opérant dans le secteur peuvent aussi
apporter leur aide" aux opérations de recherche, a ajouté ce responsable qui a
requis l'anonymat.
 Le ministre yéménite du Transport, Khaled al-Wazir, doit donner une conférence
de presse en milieu de journée, selon les autorités.
 Le commandant de bord de l'A310 s'appellerait Khaled Hajeb, selon l'un de ses
collègues.
 "Yemenia a le regret d'annoncer la disparition de son vol IY626 en provenance
de Sanaa pour Moroni avec 142 passagers et 11 membres d'équipage à bord d'un Airbus
310-300", pouvait-on lire sur le site de la compagnie aérienne.
 La compagnie a donné deux numéros d'urgence +967-1250-800 and +967-1250-833.
 A Paris, l'état-major des armées a annoncé que la France allait dépêcher sur place
deux navires et un avion Transall.
 De source aéronautique à Paris, on avait indiqué plus tôt qu'un Airbus de Yemenia,
parti de l'aéroport parisien de Roissy, avait disparu dans la nuit de lundi à mardi
entre le Yémen et les Comores.
 

 
Une association dénonce les conditions de vol

 

 L'association "SOS voyage aux Comores" a dénoncé mardi les conditions déplorables
des vols entre Sanaa et Moroni pour les Comoriens vivant en France, assurés selon
elle par "des compagnies poubelles", et a demandé aux autorités françaises de "faire
la lumière sur cet accident".
 "Cela fait 17 ans que nous sommes victimes", a déclaré à l'AFP Farid Soilihi,
porte-parole de cette association, présent mardi matin à l'aéroport marseillais
de Marignane.
 "Les vols entre Sanaa et Moroni sont assurés par des compagnies poubelles, ils
ne répondent pas aux normes. On prend les gens comme des bêtes, on les entasse,
on ne respecte pas les horaires, il y a toujours des problèmes techniques", a-t-il
déclaré. "On sait très bien que ce ne sont pas les conditions climatiques qui ont
créé l'accident".
 Rappelant que l'association créée l'an dernier pour réclamer de meilleures conditions
de voyage vers les Comores avait organisé le 11 août dernier une manifestation
de 300 personnes à l'aéroport de Marignane, M. Soilihi a
reproché à la France de n'avoir pas agi dans ce sens, malgré les démarches engagées.
 "Nous sommes des Français. Nous demandons à la France de faire la lumière sur
cet accident, a-t-il déclaré. "Aux Comores, nous sommes tous une famille. Chaque
Comorien a un parent dans ce vol".
 De son côté, Nassardine Haytari, adjoint (PS) au maire du 1er secteur de Marseille,
d'origine comorienne, s'est dit "en colère" devant cette catastrophe "prévisible".
"Les autorités françaises ne nous ont pas entendus. Le résultat du mépris, c'est
qu'il y a aujourd'hui des morts", a-t-il affirmé.
 "Ce qui m'énerve, c'est de faire de ce drame un drame comorien. C'est un drame
Français et Comorien", a-t-il poursuivi.

 
Catastrophe précédente
Il s'agit du deuxième Airbus à s'abîmer en mer en l'espace de moins d'un mois.

  Un Airbus A330 de la compagnie Air France était tombé en mer entre le Brésil et
la France le 1er juin avec 228 personnes à bord.
 Les opérations, menées avec l'aide de navires français et d'avions espagnols et
américains, ont permis de repêcher dans les eaux de l'océan Atlantique 51 corps
parmi les 228 victimes du vol, dont celui du commandant de bord et d'un steward.
 Considérant que ce qui pourrait encore être trouvé en mer était désormais "insignifiant",
la Marine et la Force aérienne brésiliennes ont choisi vendredi de mettre fin à
leurs recherches.
 Pour sa part, la France poursuit les recherches avec d'importants moyens, se donnant
encore plusieurs jours pour tenter de retrouver les boîtes noires de l'avion, primordiales
pour expliquer les causes de l'accident.

 
Près de 200 compagnies dangereuses
Elles appartiennent à une vingtaine de pays, majoritairement africains

La compagnie yéménite Yemenia, dont un Airbus 310 s'est abîmé en mer près des Comores la nuit de lundi à mardi, avait été rappelée à l'ordre en juillet 2008 parce qu'elle ne satisfaisait pas à certaines normes de sécurité, mais elle avait évité son inscription après s'être mise en conformité.

Inaugurée en 2006, la liste noire, souvent révisée, est consultable sur le site

de la Commisssion Transport de l'Union Européenne(cliquez ici pour voir le site ).Elle sera encore actualisée "dans les prochaines semaines", a annoncé mardi le commissaire européen aux Transports Antonio Tajani.

La liste noire prévoit actuellement désormais une interdiction d'exploitation

en Europe pour tous les transporteurs aériens certifiés par les autorités de l'Angola (17), du Bénin (8), de Guinée équatoriale (9), d'Indonésie (50), de la République kirghize (17), du Liberia (1), de Sierra Leone (7), du Swaziland (6), de la République démocratique du Congo (57)) et du Gabon (6), hormis Gabon Airlines et Afrijet, qui bénéficient de dérogations pour un petit nombre d'appareils.

Seize transporteurs individuels sont également interdits: Ariana Afghan Airlines (Afghanistan); Siem Reap Airways International (Cambodge); Air Koryo (République populaire démocratique de Corée); Air Company Kokshetau, ATMA Airlines, Berkut Air, East Wing, Sayat Air et Starline KZ (Kazakhstan); One Two Go Airlines (Thaïlande); Motor Sich Airlines, Ukraine Cargo Airways, Ukraine Mediterranean Airlines et Volare Aviation (Ukraine); Silverback Cargo Freighters (Rwanda), Air West (Soudan).

A ce total de 194 compagnies totalement interdites de vol dans l'UE, s'ajoutent quatre compagnies frappées de restrictions comme Air Bangladesh et Air Service Comores, outre Afrijet et Gabon Airlines déjà citées.

csg/pm/mle

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